Paul VALERY. L.A. (minute), [juin 1940],... - Lot 284 - Jean-Marc Delvaux

Lot 284
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Paul VALERY. L.A. (minute), [juin 1940],... - Lot 284 - Jean-Marc Delvaux
Paul VALERY. L.A. (minute), [juin 1940], à Victoria Ocampo ; 2 pages et quart in?8. Lettre pathétique lors de la défaite de la France. « Je pleure en vous écrivant. Nous voici sur le navire qui sombre. On a fait ce qu'on a pu. Rien n'égale ce qu'ont accompli nos enfants. J'ai trop vécu. Il y aura peut-être un avenir. Mais la civilisation qui était notre raison de vivre, le pays qui la maintenait de son mieux sont frappés au coeur. Le nombre et la bestialité nous écrasent. La trahison au Nord, le poignard fratricide et lâche au Sud ont permis et achevé le travail de la brute mystérieuse ». Il ne sait ce qu'il adviendra des siens et de lui-même, et n'a plus de nouvelles de ses fils et gendre. « Et je n'ai aucune idée, sinon des idées noires, quant à l'avenir matériel. Peut-être, si je dure encore, serai-je forcé à mon âge de chercher à vivre je ne sais où - en Amérique ou ailleurs. Mais la Poétique et la pensée ne valent pas plus, aujourd'hui, que notre billet de banque ». Au travers de son désespoir, il sent pourtant « des éclairs de puissance et de volonté spirituelles - des énergies qui me tendent vers le but de travailler à faire renaître la lumière de mon pays... Le malheur illumine toutes les fautes et les sottises - mais il engendre à l'âme des forces et des idées qui ne peuvent venir que de sources situées dans ce qui n'est pas encor et qui pourrait être »...
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